Dictiotionnaire de citations

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Actions humaines

« Il n'y a que trois ressorts fondamentaux des actions humaines, et tous les motifs possibles n'ont de prise que sur ces trois ressorts. C'est d'abord a) l'égoïsme, qui veut son propre bien (il est sans bornes) ; b) la méchanceté, qui veut le mal d'autrui (elle va jusqu'à l'extrême cruauté) ; c) la pitié, qui veut le bien d'autrui (elle va jusqu'à la générosité, la grandeur d'âme). Toute action humaine doit être ramenée à l'un de ces trois mobiles, ou même à deux à la fois ». 
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken , J. Frauenstädt.

 

Allemagne

« Je fais ici cette confession en prévision de ma mort, que je méprise la nation allemande à cause de son immense bêtise, et que je rougis de lui appartenir. »
Arthur Schopenhauer, Philosophie et philosophes Parerga et paralipomena.

 

Américain

« Le caractère propre de l’Américain du Nord, c’est la vulgarité sous toutes les formes : morale, intellectuelle, esthétique et sociale ; et non pas seulement dans la vie privée, mais aussi dans la vie publique : elle n’abandonne pas le Yankee, qu’il s’y prenne comme il voudra »
A. Schopenhauer. Fragments posthumes.

 

Amitié

« Rien ne trahit l’ignorance du monde que d’alléguer comme une preuve de mérites et de valeur d’un homme qu’il a beaucoup d’amis : comme si les hommes accordaient leur amitié d’après la valeur et le mérite ! comme s’ils n’étaient pas au contraire semblables aux chiens qui aiment celui qui les caresse ou leur donne seulement des os, sans plus de sollicitude. —  Celui qui sait le mieux caresser les hommes, fussent-ils les bêtes les plus vilaines, celui-là a beaucoup d’amis »
A. Schopenhauer. Von ihm. Ueber ihn, von Linder ; Memorabilien, von Frauenstädt

 

Amoureux

« Tout état amoureux, si éthéré qu’il se présente, a son unique racine dans l’instinct sexuel » 
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

Animaux

« Le monde n’est pas une fabrique et les animaux ne sont pas des produits à l’usage de nos besoins. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

« Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

« Chaque animal (comme je l’ai démontré au cours de mon livre sur La volonté dans la nature) ne possède manifestement son intellect qu’en vue de trouver et d’obtenir sa nourriture; et c’est d’après cela que celle-ci lui est mesurée. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

« Les hommes, sont les démons terrestres, et les animaux les âmes torturées par ceux-ci. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

Aristocratie

« La nature est ce qu’il y a de plus aristocratique au monde: toute différence que le rang ou la richesse en Europe, les castes dans l’Inde établissent entre les hommes, est petite en comparaison de la distance qu’au point de vue moral et intellectuel la nature a irrévocablement fixée ; et, dans l’aristocratie de la nature comme dans les autres aristocraties, il y a dix mille plébéiens pour un noble et des millions pour un prince ; la grande foule, c’est le tas, plebs, mob, rabble, la canaille. »
Arthur Schopenhauer, Fragments posthumes.

 

Art

« L'art reproduit les idées éternelles qu'il a conçues par le moyen de la contemplation pure, c'est-à-dire l'essentiel et le permanent de tous les phénomènes du monde. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

« Si la philosophie est restée si longtemps effort vain, c’est qu’on l’a cherché sur le chemin des sciences au lieu de la chercher sur celui de l’art ».
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Art et philosophie

« L’art n’a pas seulement à faire, comme la science, avec la raison; il s’adresse à l’essence la plus intime de l’homme, et ici chacun ne vaut que ce qu'il est réellement. Or, tel il en sera de ma philosophie : ce sera une philosophie en tant qu’art. Chacun n'en comprendra exactement que ce qu’il mérite d’en comprendre ; elle ne plaira donc dans son ensemble qu’à une petite minorité »
Arthur Schopenhauer, Philosophie et philosophes Parerga et paralipomena.

 

« La philosophie, elle aussi, doit donc donner pleine satisfaction ; il faut l’arracher au torrent sans cesse en mouvement qui entraîne les sciences, pour l’élever à l'art calme et solidement fixé. Elle doit exprimer ce que le monde est, ne plus considérer seulement la matière dont il est formé. Elle doit répéter le monde, ce qui est l’affaire de chaque art; elle le répétera en notions qui ne seront plus, comme en poésie, des moyens, mais un but »
Arthur Schopenhauer, Philosophie et philosophes Parerga et paralipomena.

« Si la philosophie a été si longtemps cherchée en vain, c’est qu’on voulait la trouver par la voie de la science, et non par la voie de l’art. C'est la raison pour laquelle aucun art n’est entaché d’un aussi affreux bousillage. »
Arthur Schopenhauer, Philosophie et philosophes Parerga et paralipomena

 

Athéisme

« Quelle ruse admirable pour s’introduire dans la place et occuper le terrain que ce mot : Athéisme ! Comme si le théisme, lui, allait de soi ». 
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

Beethoven

« Une symphonie de Beethoven nous découvre un ordre merveilleux sous le désordre apparent ; c’est comme un combat acharné, qui l’instant d’après se résoud en un bel accord : c’est là le rerum concordia discors — une image fidèle et accomplie de l’essence de ce monde, qui roule à travers l’espace sans hâte et sans repos, dans un tumulte indescriptible de formes sans nombre, qui s’évanouissent incessamment. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

Bêtes

« La pitié envers les bêtes est si étroitement unie à la bonté du caractère, que l’on peut affirmer de confiance que celui qui est cruel envers les bêtes ne peut être un homme bon »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken

 

Bonheur

« Un simple coup d'œil nous fait découvrir deux ennemis du bonheur humain : ce sont la douleur et l'ennui. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

« Quelle folie de regretter et de déplorer d’avoir négligé de goûter, dans le passé, tel bonheur ou telle jouissance! Qu’en aurait-on maintenant de plus? La momie desséchée d’un souvenir. »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena

 

« Dans un monde comme celui-là, où aucune stabilité d’aucun genre, aucun état durable ne sont possibles, mais où toute chose est en proie à un éternel mouvement et au changement, où tout se hâte, fuit, se maintient sur la corde tendue en avançant et en remuant toujours, il ne faut pas même songer au bonheur. »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena

 

« Avant tout, nul être humain n’est heureux; il aspire, sa vie entière, à un prétendu bonheur qu’il atteint rarement, et, quand il l’atteint, c’est seulement pour être déçu; mais, en règle générale, chacun finit par rentrer au port après avoir fait naufrage, avec son vaisseau désemparé. Et peu importe, après tout, s’il a été heureux ou malheureux, dans une vie qui a seulement consisté en un présent sans durée, et qui maintenant a pris fin. »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena

 

Bouddha

« Dans ma dix-septième année, dénué de toute éducation classique, je fus aussi fortement saisi par la misère de la vie que Bouddha dans sa jeunesse, quand il vit la maladie, la vieillesse, la douleur et la mort. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Bruit

« Le bruit [...] est la plus impertinente de toutes les interruptions, car il interrompt même nos propres pensées, on peut même dire qu’il les brise »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Caniche

« J’ai [...] un caniche, et quand il fait une bêtise, je lui dis : fi, tu n’es pas un chien, tu n’es qu'un homme. Oui, un homme ! Tu devrais avoir honte. Alors il est tout honteux et va se coucher dans un coin. »
Arthur Schopenhauer, propos rapportés par Schnyder von Wartensee.

 

Chevaux

« Le plus grand bienfait des chemins de fer est qu’ils épargnent à des millions de chevaux de trait une existence misérable. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Chien

« Le chien, l’unique ami de l’homme, a un privilège sur tous les autres animaux, un trait qui le caractérise, c’est ce mouvement de queue si bienveillant, si expressif et si profondément honnête. Quel contraste en faveur de cette manière de saluer que lui a donné la nature, quand on la compare aux courbettes et aux affreuses grimaces que les hommes échangent en signe de politesse : cette assurance de tendre amitié et de dévouement de la part du chien est mille fois plus sûre, au moins pour le présent »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken

 

« Ce qui rend si agréable la société de mon chien, c’est la transparence de son être. Mon  chien est transparent comme le verre. S’il n’y avait pas de chiens, je n’aimerais pas vivre. »
A. Schopenhauer. Von ihm. Ueber ihn, von Linder ; Memorabilien, von Frauenstädt

 

Chose en soi

« Chose en soi signifie ce qui existe indépendamment de notre aperception, par conséquent ce qui existe d’une façon proprement dite. »
Arthur Schopenhauer, Philosophie et philosophes Parerga et paralipomena.

 

« La chose en soi, le vouloir-vivre, est en chaque être, jusqu’au plus insignifiant, intégralement présente, aussi pleinement que dans tous les autres réunis, tous ceux qui furent, sont et seront »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

« Vous ne devez pas chercher la chose en soi dans les nuages (c’est-à-dire là où se trouve le Dieu des juifs), mais dans les choses d’ici bas, donc dans la table sur laquelle vous écrivez, dans la chaise sous votre derrière... Ma philosophie ne parle jamais de nuages, mais de ce monde, c’est à dire elle immanente et non pas transcendante ».
A. Schopenhauer, Lettre à Julius Frauenstädt

 

Christianisme

« Le christianisme est une allégorie qui représente une idée vraie; mais l’allégorie en elle-même n’est pas la vérité. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Colère

« Laisser paraître de la colère ou de la haine dans ses paroles ou sur son visage, cela est inutile, dangereux, imprudent, ridicule, commun. On ne doit trahir sa colère et sa haine que par des actes. Les animaux à sang froid sont les seuls qui aient du venin. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Commencement et fin

« Quel écart tout de même entre notre commencement et notre fin ! Le premier dans la folie du désir et l’extase de la volupté, l’autre dans la destruction des organes et l’odeur des cadavres »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Compagnons

« Ne sommes-nous pas tous compagnons d’une colonie pénitentiaire ! »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

Confiance

«Notre confiance envers les hommes n'a très souvent d’autres causes que la paresse, l’égoïsme et la vanité: la paresse, quand l’ennui de réfléchir, de veiller, d’agir nous porte à nous confier à quelqu’un ; l’égoïsme, quand le besoin de parler de nos affaires nous excite à faire des confidences ; la vanité, quand nous avons quelque chose d’avantageux à dire sur notre compte. Nous n’exigeons pas moins qu’on nous fasse honneur de notre confiance. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Contemplation

« Nous savons que les instants où la contemplation des œuvres d’art nous délivre des désirs avides, comme si nous surnagions au-dessus de la lourde atmosphère de la terre, sont en même temps les plus heureux que nous connaissions. » 
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken (Pensées), J. Frauenstädt.

 

Contemporain

« Je cause parfois avec les hommes comme l'enfant avec sa poupée. Elle sait très bien que la poupée ne l'entend pas, mais elle se procure, par une agréable autosuggestion consciente, la joie de la conversation. » 
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Conversation

« Je cause parfois avec les hommes comme l'enfant avec sa poupée. Elle sait très bien que la poupée ne l'entend pas, mais elle se procure, par une agréable autosuggestion consciente, la joie de la conversation. » 
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Couleur de peau

« L’homme est noir ou tout au moins brun foncé. C’est donc là, sans distinction de race, la véritable couleur naturelle et particulière de la race humaine, et il n’y a jamais eu de race naturellement blanche. Parler d’une telle race et partager puérilement les hommes en race blanche, jaune et noire, comme le font encore tous les livres, c’est témoigner d’une grande étroitesse d’esprit et d’un manque de réflexion. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Cruauté

« L’homme est le seul animal qui en fait souffrir d’autres sans autre but que celui-là. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Découverte des vérités

« Ce n’est pas l’observation des phénomènes rares et cachés, représentables seulement par des expériences, qui conduira à la découverte des vérités les plus importantes; c’est celle des phénomènes qui sont là sous nos yeux, accessibles à chacun. Aussi la tâche consiste-t-elle moins à voir ce que personne n'a encore vu, qu'à penser, en face de ce que chacun voit, ce que personne n’a encore pensé. Voilà aussi pourquoi il importe beaucoup plus, en cette matière, d’être un philosophe qu’un physicien. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Destin

« Le destin bat les cartes et nous jouons. » 
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

« Nous croyons être à tout moment maîtres de nos actions. Cependant, si nous jetons un coup d'œil rétrospectif sur notre vie et envisageons surtout nos actes malheureux, avec leurs conséquences, nous ne comprenons souvent pas comment nous avons pu faire ceci ou ne pas faire cela ; de sorte qu’il semble qu’une force étrangère a conduit nos pas. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Désir sexuel

« Le désir sexuel — spécialement quand, se fixant sur une femme déterminée, il se concentre en amour — est la quintessence de toute la duperie de ce noble monde. Il promet en effet si indiciblement, si infiniment, si follement tant de choses, et il tient si misérablement sa promesse !  »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena

 

Dieu

« Un Dieu impersonnel est une pure invention des professeurs de philosophie, un mot vide de sens pour contenter les niais et faire taire les cochers de fiacre. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

« Dieu, dans la nouvelle philosophie, joue le rôle des derniers rois francs sous les maires du palais ; ce n’est qu’un nom que l'on conserve pour plus de profit et de commodité, afin de se pousser plus aisément dans le monde. »
Arthur Schopenhauer, Fragments posthumes

 


Écrivain

« Mais si restreint que soit le nombre des écrivains qui pensent réellement et sérieusement avant d’écrire, le nombre de ceux qui pensent sur les choses mêmes est bien plus restreint encore ; le reste pense uniquement sur les livres, sur ce qui a été dit par d’autres. Il leur faut, pour penser, l’impulsion plus proche et plus forte des pensées d’autrui. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Égoïsme

« L’égoïsme,  par nature, est sans borne : l’homme n’a qu’un désir absolu, conserver son existence, s’affranchir de toute douleur, même de toute privation ; ce qu’il veut, c’est la plus grande somme possible de bien être, c’est la possession de toutes les jouissances qu’il est capable d’imaginer, et qu’il s’ingénie à varier et à développer sans cesse. Tout obstacle qui se dresse entre son égoïsme et ses convoitises excite son humeur, sa colère, sa haine : c’est un ennemi qu’il faut écraser »
Arthur Schopenhauer, Le fondement de la morale.

 

«L’égoïsme inspire une telle horreur, que nous avons inventé la politesse pour le cacher comme une partie honteuse, mais il perse à travers tous les voiles, et se trahit en toute rencontre où nous nous efforçons instinctivement d’utiliser chaque nouvelle connaissance à l’un de nos innombrables projets. »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken (Pensées), J. Frauenstädt.

 

Énigme

« Ma philosophie est, dans les bornes de la connaissance humaine, la véritable solution de l’énigme du monde. En ce sens, on peut l’appeler une révélation. Elle est inspirée par l’esprit de la vérité. Il y a même, dans mon livre IV, certains paragraphes qu’on pourrait croire suggérés par l’Esprit-Saint. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Ennemi

« Les amis se disent sincères ; ce sont les ennemis qui le sont ; aussi devrait-on, pour apprendre à se connaître soi-même, prendre leur blâme comme on prendrait une médecine amère. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

« Il peut arriver que nous regrettions la mort de nos ennemis et de nos adversaires, même après nombre d’années, presque autant que celle de nos amis, — c’est quand nous trouvons qu’ils nous manquent pour être témoins de nos éclatants succès. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Époque

« Ce qui constitue mon cercle d’action, ce n’est pas mon époque, mais seulement le sol sur lequel se tient ma personne physique, et qui n’est qu’une partie très insignifiante de ma personne entière. Ce sol lui est commun avec beaucoup de gens, dont il est le cercle d’action. Aussi leur abandonné-je les soucis et les luttes à son sujet. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Esclavage

« Ce que l’homme peut faire avec un homme, c’est ce que montre l’esclavage des nègres, qui tire toute sa raison du sucre et du café. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

Les « États esclavagistes de l'Amérique du Nord » —  le traitement infligé à « nos frères noirs innocents » — sont « une infamie qui souille toute l'humanité.»
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

État

« L'État n'est que la muselière dont le but est de rendre inoffensive cette bête carnassière, l'homme, et de faire en sorte qu'il ait l'aspect d'un herbivore. » 
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

«L’État, ce chef-d’œuvre de l’égoïsme intelligent et raisonné, ce total de tous les égoïsmes individuels, a remis les droits de chacun aux mains d’un pouvoir infiniment supérieur au pouvoir de l’individu, et qui le force à respecter les droits des autres. C'est ainsi que sont rejetés dans l’ombre l’égoïsme démesuré de presque tous, la méchanceté de beaucoup, la férocité de quelques-uns : la contrainte les tient enchaînés, il en résulte une apparence trompeuse. » 
Arthur Schopenhauer, Le fondement de la morale.

 

Être vivant

« Dans chaque être vivant se trouve en entier le centre du monde » 
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Existence

« L’existence n’est guère autre chose qu’une sorte d'aberration dont la connaissance de celui-ci doit nous guérir » 
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena

 

Fichte et Schelling

« J'ai qualifié Fichte et Schelling de farceurs. Quand un homme étaie ses dogmes sur de mauvaises inductions, de fausses conclusions, des hypothèses inexactes, etc., on dit : « Il se trompe ». Mais quand il affirme qu'il aperçoit directement ses dogmes, par une voie accessible seulement à lui et à ses adeptes, alors on dit : C'est un farceur. »
Arthur Schopenhauer, Philosophie et philosophes Parerga et paralipomena.

 

Flambeau

« Quelque flambeau que nous allumions, quelque espace qu’il éclaire, notre horizon demeurera toujours enveloppé d’une nuit profonde »
Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation

 

Foi et savoir

« La foi et le savoir se comportent mutuellement comme les deux plateaux d’une balance : à mesure que l’un monte, l’autre descend. »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena

 

Foi et science

« La foi et la science ne s’accordent pas bien dans la même tête. Elles y sont comme un loup et un agneau dans la même cage, et la science est le loup qui menace de dévorer son voisin. »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena

 

Folie

« On peut donc considérer le rêve comme une courte folie, la folie comme un long rêve »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Générations et individus

« Les générations éphémères des êtres humains naissent et disparaissent dans une succession rapide, tandis que les individus dansent dans les bras de la mort, en proie aux angoisses, aux misères et à la douleur. Ils ne cessent de demander ce qu’ils font ici-bas, ce que signifie la farce tragi-comique qu’ils jouent, et ils supplient le ciel de leur répondre. Le ciel reste muet.  »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena

 

Génie

« Un savant c’est quelqu’un qui a appris beaucoup de choses ; un génie c’est quelqu’un dont l’humanité a à apprendre quelque chose, qu’elle ne connaissait pas encore »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Hegel

« La philosophie hégélienne est incomparable comme moyen d'abêtir les cerveaux. Cet abracadabra, ce fatras de mots qui contraignent la raison, dans leur combinaison monstrueuse, à penser des idées impossibles, de pures contradictions, produisent une totale paralysie de l’intellect. »
Arthur Schopenhauer, Philosophie et philosophes Parerga et paralipomena.

 

« Quand un hégélien se contredit soudainement, dans ses affirmations, il dit : « Maintenant la notion s'est transformée en son contraire ». Si seulement ce dire était valable aussi devant les tribunaux ! »
Arthur Schopenhauer, Philosophie et philosophes Parerga et paralipomena.

 

Histoire

« Ce que raconte l'histoire n'est en fait que le long rêve, le songe lourd et confus de l'humanité. » 
Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation

 

« L’histoire serait nécessaire à la philosophie, c'est-à-dire à la compréhension de l’essence de la vie ! On n’a qu’à regarder le monde, n'importe où, mais avec des yeux bien ouverts, pour reconnaître l’essence de la vie. Misère, mort, et, comme hameçon, la volupté, — celle-ci étant le péché dont la vie est l'expiation, — voilà ce qui existe partout, et sous des milliers de transformations kaléidoscopiques. À sa coupe je reconnais le marbre entier, sans avoir besoin de suivre ses veines ; et la coupe montre partout la même chose. . » 
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Humain

« Si l’on essaie d’embrasser d’un regard le genre humain dans sa totalité, on voit partout une lutte sans trêve, un combat acharné à la fois physique et intellectuel pour la vie et l’existence, où l’on est exposé à des dangers incessants et à des maux de tout genre. »  
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena, Sur la religion

 

Humanité

« L’humanité a appris de moi des choses qu’elle n’oubliera jamais »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Homme

« L’homme est au fond une bête sauvage, une bête féroce. Nous ne le connaissons que dompté, apprivoisé en cet état qui s’appelle civilisation : aussi reculons d’effroi devant les explosions accidentelles de sa nature. Que les verrous et les chaines de l’ordre légal tombent n’importe comment, que l’anarchie éclate, c’est alors qu’on voit ce qu’est l’homme »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken

 

« L’homme doit s'élever au-dessus de la vie, il doit comprendre que les incidents et les événements, les joies et les douleurs n'atteignent pas son moi meilleur et intérieur, que le tout n'est qu'un jeu ».
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Idéalisme transcendantal

« L’idéalisme transcendantal ne conteste nullement au monde existant sa réalité empirique, mais dit seulement qu’il n’est pas inconditionné, puisqu’il a pour condition nos fonctions cérébrales, d’où naissent les formes de l’intuition, c’est-à-dire temps, espace et causalité et que cette réalité empirique elle-même n’est en conséquence que la réalité d’une apparence. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena, Sur la religion

 

Illusion

« Si l’ennui, qu’éprouvent les animaux les plus intelligents eux-mêmes, est le compagnon immédiat de la peine, cela vient de ce que la vie n’a pas de substance réelle, et n’est maintenue en mouvement que par le besoin et l’illusion. Dès que cette dernière cesse, toute la pauvreté et le vide de l’existence apparaissent au jour. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena, Sur la religion

 

Immanence

« D’après ma philosophie, dont le grand mérite est la complète immanence du monde (par opposition à la transcendance), et l’absence totale de tout côté mythique, de toute hypostase et de toute conception historique de celui-ci, — d’après ma philosophie, le monde est le phénomène de l’affirmation de la volonté de vivre, qui a pour opposition la négation de celle-ci, dont la manifestation supprime le monde. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Intelligence du monde

« Ni haïr, ni aimer fait la première moitié de toute intelligence du monde ; ne rien dire et ne rien croire la deuxième ».
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Journalisme

« L’exagération de toute sorte est aussi essentielle au journalisme qu’à l’art dramatique : il s’agit en effet d’enfler le plus possible chaque événement. Aussi tous les journalistes sont-ils, par métier, alarmistes ; c'est leur façon de se rendre intéressants. Ils ressemblent en cela aux petits chiens, qui aboient bien fort au plus léger bruit. Il faut donc mesurer l’attention que l’on doit prêter à leur trompette d’alarme, pour qu’elle ne trouble la digestion de personne, et bien se rendre compte que le journal est un verre grossissant, même dans le meilleur cas ; souvent, en effet, ce n’est qu’un jeu d’ombres sur le mur. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et Paralipomena

 

« Un grand nombre de méchants écrivains ne tirent leur subsistance que de la sottise du public, qui ne veut lire que le produit du jour même. Il s’agit des journalistes. Ils sont dénommés à merveille ! En d’autres termes, on pourrait les qualifier de « journaliers ».
Arthur Schopenhauer, Parerga et Paralipomena

 

Juifs

« Les Juifs sont le peuple élu de leur Dieu, et celui-ci est le Dieu élu de son peuple; et cela ne regarde plus personne. »
A. Schopenhauer. Von ihm. Ueber ihn, von Linder ; Memorabilien, von Frauenstädt.

 

Juste mesure

« Beaucoup vivent trop dans le présent : les frivoles ; d’autres trop dans l’avenir : les anxieux et les soucieux. Rare sont ceux qui observent la juste mesure »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Kant

« Kant est peut-être l’esprit le plus original que la nature ait jamais produit. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

Lire

« Lire, c’est penser avec la tête d’un autre, au lieu de la sienne. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

« Lire beaucoup enlève à l’esprit toute élasticité, comme un poids qui pèse constamment sur un ressort ; et le plus sûr moyen de n’avoir aucune idée en propre, c’est de prendre un livre en main dès qu’on dispose d’une seule minute. C’est la raison pour laquelle le savoir rend la plupart des hommes encore plus inintelligents et stupides qu’ils ne le sont déjà par nature, et prive leurs écrits de tout succès. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Livres

« Les lettrés sont ceux qui ont lu dans les livres ; mais les penseurs, les génies, les flambeaux de l’humanité et les pionniers de la race humaine sont ceux qui ont lu directement dans le livre de l’univers. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Lutte

« La vie d'un homme n'est qu'une lutte pour l'existence avec la certitude d'être vaincu... »
Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation

 

Ma philosophie

« Ma philosophie ne m'a rien rapporté, mais elle m'a beaucoup épargné. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

« Toute ma philosophie peut se résumer dans cette expression : le monde est l’auto-connaissance de la volonté. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et Paralipomena

 

« D’après ma philosophie, dont le grand mérite est la complète immanence du monde (par opposition à la transcendance), et l’absence totale de tout côté mythique, de toute hypostase et de toute conception historique de celui-ci, — d’après ma philosophie, le monde est le phénomène de l’affirmation de la volonté de vivre, qui a pour opposition la négation de celle-ci, dont la manifestation supprime le monde. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et Paralipomena

 

Misanthropie

« Je dois l’avouer sincèrement : la vue de tout animal me réjouit aussitôt et m’épanouit le cœur ; surtout la vue des chiens, et puis de tous les animaux en liberté, des oiseaux, des insectes, etc. Au contraire, la vue des hommes excite presque toujours en moi une aversion prononcée ; car ils m’offrent à peu d’exceptions près le spectacle des difformités les plus affreuses et les plus variées : laideur physique, expression morale de passions basses et d’ambition méprisables symptômes de folie et de perversités de toutes sortes et de toutes grandeurs ; enfin une corruption sordide, fruit et résultat d’habitudes dégradantes ; aussi je me détourne d’eux et je fuis vers la nature, heureux d’y rencontrer les bêtes. »
Arthur Schopenhauer, Fragments posthumes.

 

« La tolérance que l’on remarque et que l’on loue souvent chez les grands hommes n’est toujours que le résultat du plus profond mépris pour le reste des humains : lorsqu’un grand esprit est tout à fait pénétré de ce mépris, il cesse de considérer les hommes comme ses semblables, et d’exiger d’eux ce qu’on exige de ses semblables. Il est alors aussi tolérant envers eux qu’envers tous les autres animaux, auxquels nous n’avons pas à reprocher leur déraison et leur bestialité. »
Arthur Schopenhauer, Fragments posthumes.

 

Monde

« À quelque point que les pièces et les masques puissent changer sur la scène du monde, les comédiens restent cependant en tout les mêmes. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et Paralipomena

 

« Notre monde civilisé n’est qu’une grande mascarade : on y rencontre des chevaliers, des moines, des soldats, des docteurs, des avocats, des prêtres, des philosophes, et que ne rencontre-t-on pas encore ? Mais ils ne sont pas ce qu’ils représentent : ce sont de simples masques sous lesquels se cachent la plupart du temps des spéculateurs d’argent  (moneymakers) »
Arthur Schopenhauer, Parerga et Paralipomena

 

Monothéisme

« L’intolérance n’est essentielle qu’au monothéisme. Un Dieu unique est, d’après sa nature, un Dieu jaloux, qui n’en laisse vivre aucun autre. Au contraire, les dieux polythéistes, d’après leur nature, sont tolérants. Ils vivent, et laissent vivre. »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena

 

Mort

« C'est la connaissance de la mort, la considération de la souffrance et de la misère de la vie, qui donnent l'impulsion la plus forte à la pensée philosophique et aux interprétations métaphysiques du monde. »
Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation

 

« La mort est la solution douloureuse du nœud formé par la génération avec volupté, c’est la destruction violente de l’erreur fondamentale de notre être ; le grand désabusement. »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken

 

« Chaque souffle repousse la mort qui nous pénètre constamment, ainsi nous luttons à chaque instant avec la mort: dans des laps de temps plus grands nous luttons avec la mort par chaque repas, chaque sommeil, chaque réchauffement, etc. Car, par la naissance, nous sommes directement voués à elle et toute notre vie n'est rien qu'une remise à plus tard de la mort »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits.

 

« Comment craindrait-il la mort, celui qui se reconnaît comme l’essence primordiale et éternelle, la source de toute existence même, et sait qu’en dehors de lui rien n'existe réellement? »
Arthur Schopenhauer, Parerga et Paralipomena.

 

Mouche

« Comme symbole d’effronterie et d’impertinence, il faudrait prendre la mouche. Tandis que tous les animaux, en effet, craignent l’homme au-dessus de tout et le fuient déjà de loin, la mouche, elle, se pose sur son nez. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits.

 

Musique

« La musique est la mélodie dont le monde est le texte »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

« La ferveur indicible qui anime toute musique et fait défiler devant nous un paradis si familier et pourtant éternellement lointain, si compréhensible et pourtant inexplicable, tient à ce qu’elle reproduit toutes les émotions qui agitent notre être le plus intime, mais dépouillée de toute réalité et des souffrances qui s’y rattachent. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

« La musique comme le plus puissant de tous les arts, est capable à elle seule de remplir complètement l’esprit qui y est accessible. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

« Lorsque j’entends de la musique, mon imagination joue souvent avec cette pensée que la vie de tous les hommes et ma propre vie ne sont que des songes d’un esprit éternel, bons et mauvais songes, dont chaque mort est un réveil. »
A. Schopenhauer, von ihm. Ueber ihn, von Linder; Memorabilien, von Frauenstädt.

 

Mythes

« La plupart des mythes expriment plutôt des vérités simplement soupçonnées que nettement conçues. »
Arthur Schopenhauer,Parerga et paralipomena.

 

Nature humaine

«La misérable nature humaine prend, il est vrai, dans chaque génération, une forme un peu différente ; mais elle reste au fond en tout temps la même. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Naissance et mort

« Naissance et mort appartiennent également à la vie, et font contrepoids, l’une est la condition de l’autre; elles forment les deux extrémités, les deux pôles de toutes les manifestations de la vie. »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken

 

Néant

« Imagine-t-on un démon créateur, on serait pourtant en droit de lui crier en lui montrant sa création : Comment as-tu osé interrompre le repas sacré du néant, pour faire surgir une telle masse de malheur et d'angoisses ? »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Nouveauté

« Le nouveau est rarement le bon, parce que le bon n’est que peu de temps le nouveau. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Noyau

« Aussi devons-nous absolument chercher le noyau tout à fait intime des êtres, la chose en soi, non en dehors de nous, mais en nous . »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Oiseau

« L'oiseau qui est conçu pour parcourir la moitié du monde, l'homme l'enferme dans une cage où il s'ennuie à mort et crie: car l’oiseau dans sa cage est malheureux. Il ne chante pas de joie mais de rage »
Arthur Schopenhauer, L'art de l'insulte

 

Optimisme

« L’optimisme  [...]  n’est pas seulement une doctrine fausse, c’est une doctrine corruptrice. Car elle nous présente la vie comme un état désirable, et donne comme but à la vie le bonheur de l’homme. Dès lors chacun s’imagine qu’il possède les droits les plus justifiés au bonheur et à la jouissance ; si donc ces biens, comme cela n’est que trop fréquent, ne lui échoient pas en partage, il se croit victime d’une injustice, n’a-t-il pas manqué le but de sa vie ? »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken

 

Orgueil

« Bien des gens blâment et critiquent l’orgueil ; ceux-là sans doute n’ont rien en eux-mêmes qui puisse les rendre fiers. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Originalité

« Telle est l’originalité réelle de ma doctrine [...] C’est par toi-même que tu dois comprendre la nature, non par la nature que tu dois te comprendre. Tel est mon principe révolutionnaire. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Ouvrages

« Mes ouvrages se composent de simples articles inspirés par l’idée dont j’étais plein à ce moment, et que je voulais fixer pour elle-même ; on les a unis ensemble avec un peu de chaux et de mortier. C’est pour cela qu’ils ne sont pas vides et ennuyeux, comme ceux des gens qui s'assoient à leur bureau et écrivent un livre page par page, d’après un plan arrêté. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Panthéisme

« Le panthéisme est une notion qui se supprime elle-même, car la notion d’un Dieu présuppose, comme corollaire essentiel, un monde différent de lui. Si, d’autre part, le monde lui-même doit prendre son rôle, il reste un monde absolu, sans Dieu, et alors le panthéisme n’est qu’un euphémisme aux lieu et place d’athéisme. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Pessimisme

« On a accusé ma philosophie d'être triste et désespérée ; mais il n'y a rien de si désespérant que la doctrine d’après laquelle le ciel et la terre, et par suite l’homme, ont été créés de rien, car il s’ensuit d’elle, aussi logiquement que la nuit succède au jour, que l’homme s’anéantit quand il meurt sous nos yeux. Le commencement et la raison de toute consolation, au contraire, c’est la doctrine d'après laquelle l’homme n'est pas venu de rien. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Pensée

« En réalité, les pensées fondamentales personnelles ont seules vérité et vie ; car ce sont les seules que l’on comprend bien et complètement. Les pensées lues chez d’autres sont les reliefs d’un repas étranger, les vêtements délaissés par un hôte venu du dehors. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

« La présence d’une pensée est comme la présence d’une femme aimée. Nous nous imaginons que nous n’oublierons jamais cette pensée, et que cette femme aimée ne pourra jamais nous devenir indifférente. Mais loin des yeux, loin du cœur ! La plus belle pensée court danger d’être irrévocablement oubliée, si nous ne la notons pas, et la femme aimée de nous être enlevée, si nous ne l’épousons pas. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Penseur

« Nous voyons aussi que chaque véritable penseur s’efforce d’exprimer ses idées d’une manière aussi pure, claire, sûre et brève que possible. C’est pourquoi la simplicité a toujours été l’attribut non seulement de la vérité, mais du génie même. Le style reçoit sa beauté de la pensée ; tandis que, chez ces prétendus penseurs, ce sont les pensées qui doivent être embellies par le style. Le style n’est, après tout, que la silhouette de la pensée. Écrire obscurément, ou mal, c’est penser d’une manière lourde et confuse. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena).

 

Philistin

« Le philistin s’épanouit dans sa vie, il s’y trouve bien, il ne veut pas en sortir, et, le voulût-il, qu’il ne le pourrait pas. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Philosophe

« Être philosophe, c’est donc être capable de s’étonner des événements habituels, des choses de tous les jours, de se poser comme sujet d’études, ce qu’il y a de plus général et de plus ordinaire »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

« Le philosophe ne doit jamais oublier qu’il pratique un art, et non une science. »
Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

« Pour le philosophe, la vie est absolument insatisfaisante; il ne veut pas s’en accommoder, et ne le peut pas, même s’il le voulait; il y renonce, néglige de s’en assurer les avantages, s’éloigne d’elle, pour l’envisager dans son ensemble, à l’aide de cet éloignement, et la reproduire. En ceci il déploie ses forces, et c’est la meilleure partie de son existence. Quant à sa personne même, il présente la reproduction, en disant : « Voilà la chose que je n'aimais pas ».
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

« Mais plus que tout autre, le philosophe doit puiser à cette source primitive, la connaissance intuitive, et avoir constamment sous les yeux les choses mêmes, la nature, le monde, la vie ; ce sont elles, et non les livres, qu’il doit prendre pour texte de ses pensées ».
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

 

« Tous les philosophes se sont trompés, en tenant la philosophie pour une science, et en la cherchant, par conséquent, à l'aide du fil conducteur du principe de la raison suffisante. La philosophie de la nature est l’erreur consistant à croire que l’idéal réalisé de la physique est la philosophie ».
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Philosopher

« Pour philosopher, les deux premières conditions sont celles-ci : premièrement, qu’on ait le courage de se poser toutes les questions ; et deuxièmement, qu’on prenne clairement conscience de tout ce qui va sans dire pour en faire un problème ».
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Philosophie

«La philosophie est une voie alpine, l'accès en est escarpé, plein de pierres pointues et d'épines piquantes, il est solitaire et de plus en plus désert à mesure qu'on monte; celui qui l'emprunte doit, sans peur, laisser tout derrière lui et se frayer avec persévérance son chemin dans la neige froide. Souvent, il se trouve au bord du précipice et voit en dessous la verte vallée, le vertige l'y attire avec force, il lui faut se tenir quitte à devoir coller ses semelles aux rochers avec son propre sang. En échange, il voit bientôt le monde en-dessous de lui, ses déserts de sable et ses bourbes disparaissent, ses aspérités se compensent, ses disharmonies n'apparaissent plus, sa forme arrondie se révèle. Lui-même se trouve toujours dans un air alpin, pur et frais, et voit déjà le soleil quand le bas est encore plongé dans la nuit noire».
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

« Une philosophie, où l’on n’entend pas entre les lignes les pleurs et les grincements de dents et le terrible vacarme du meurtre général réciproque, n’est pas une philosophie ».
1858, Schopenhauer au cours d’une conversation avec  Frédéric Morin

 

« Le meilleur, pour la philosophie, serait la suppression de toutes les chaires d’enseignement. »
Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Pitié

« La pitié est ce fait étonnant, mystérieux, par lequel nous voyons la ligne de démarcation, qui aux yeux de la raison sépare totalement un être d’un autre, s’effacer et le non moi devenir en quelque façon le non moi. »
Arthur Schopenhauer, Le fondement de la morale

 

« Une pitié sans bornes pour tous les êtres vivants, c’est le gage le plus ferme et le plus sûr de la conduite morale, et cela n’exige aucune casuistique. »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken (Pensées), J. Frauenstädt.

 

« La pitié, principe de toute moralité, prend aussi les bêles sous sa protection. »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken (Pensées), J. Frauenstädt.

 

Poésie

« La poésie s'étend dans un domaine immense. Toute la nature, les Idées à tous les degrés peuvent être exprimées par elle; et, selon les Idées qu'elle exprime, elle est tantôt descriptive, tantôt narrative, tantôt purement dramatique. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

Poète

« De même en effet que le botaniste cueille une simple fleur parmi la richesse infinie du monde végétal, puis la dissèque pour nous démontrer la nature de la plante elle-même, ainsi le poète emprunte à la confusion inouïe de la vie humaine, emportée par un mouvement incessant, une scène unique, souvent même un simple état d’âme, un simple sentiment, pour nous montrer avec leur aide ce qu’est la vie et l’essence de l’homme. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Politesse et impolitesse

« Politesse est prudence, impolitesse, une stupidité : se faire des ennemis aussi inutilement et de gaîté de cœur, c’est du délire, comme lorsqu’on met le feu à sa propre maison. Car la politesse est comme les jetons, une monnaie notoirement fausse ; être économe de cette monnaie, c’est un manque d’esprit ; en être prodigue au contraire, c’est faire preuve de bon sens. »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken

 

Postérité

« Celui qui veut éprouver la reconnaissance de son époque doit marcher du même pas qu’elle; mais cela ne produit jamais rien de grand. Aussi, quand on se propose de grandes choses, doit-on fixer ses regards sur la postérité »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

« Celui qui veut parvenir à la postérité doit donc se dérober à l’influence de son temps, mais aussi, le plus souvent, à l’influence sur son temps, et être prêt à acheter la gloire des siècles au prix de l’approbation de ses contemporains. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Présage

« Le penchant inextirpable de l’homme à tenir compte des présages, ses extispicia et « inspections des oiseaux », ses consultations à l’aide de la Bible, des cartes, du plomb fondu, du marc de café, etc., témoignent qu’il regarde comme possible, en dépit de toute raison, de reconnaître par le présent et par ce qui se trouve nettement sous les yeux ce qui est caché par l’espace ou par le temps, c’est-à-dire ce qui est éloigné ou futur; de sorte qu’il pourrait déchiffrer celui-ci d'après celui-là, s’il possédait la véritable clef de cette écriture secrète. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Présent

« Le présent seul en effet est réel, tout le reste ne serait qu’un jeu d’imagination. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Professeur

« Que bientôt les vers doivent ronger mon corps, c’est une pensée que je puis supporter ; mais que les professeurs rongent ma philosophie ! cela me donne le frisson. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Progrès

« Le progrès c’est là votre chimère. Il est le rêve du XIXème siècle comme la résurrection était celui du Xème ; chaque âge a le sien. Quand, épuisant vos greniers et ceux du passé, vous aurez porté plus haut encore votre entassement de science et de richesse, l’homme en se mesurant à un pareil amas en sera-t-il moins petit ? »
Arthur Schopenhauer,Parerga et paralipomena

 

Quiétisme

« Quiétisme, c’est-à-dire renoncement à tout désir, ascétisme, c’est-a-dire immolation réfléchie de la volonté égoïste, et mystique, c’est-à-dire conscience de l’identité de son être avec l’ensemble des choses et le principe de l’univers, — trois dispositions de l’âme qui se tiennent étroitement ; quiconque fait profession de l’une est attiré vers l’autre en quelque sorte malgré lui. — Rien de plus surprenant de voir l’accord de tous ceux qui ont prêché ces doctrines, à travers l’extrême variété des temps, des pays et des religions, et rien de plus curieux que la sécurité inébranlable comme le roc, la certitude intérieure, avec lesquelles ils nous présentent le résultat de leur expérience intime »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken

 

Race

« L’homme est noir ou tout au moins brun foncé. C’est donc là, sans distinction de race, la véritable couleur naturelle et particulière de la race humaine, et il n’y a jamais eu de race naturellement blanche. Parler d’une telle race et partager puérilement les hommes en race blanche, jaune et noire, comme le font encore tous les livres, c’est témoigner d’une grande étroitesse d’esprit et d’un manque de réflexion. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Religion

« L’humanité grandit dans la religion comme dans un vêtement d’enfant ; vient le moment où ce n’est plus possible : les boutons tombent »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

« Les religions sont comme les vers luisants : pour briller, il leur faut l'obscurité. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

«  La religion catholique est une instruction pour mendier le ciel, qu'il serait trop incommode de mériter. Les prêtres sont les intermédiaires de cette mendicité. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation.

 

« Pour dompter les âmes barbares et les détourner de l'injustice et de la cruauté, ce n'est pas la vérité qui est utile, car ils ne peuvent la concevoir ; c'est donc l'erreur, un conte, une parabole. De là vient la nécessité d'enseigner une foi positive. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation.

 

« Les religions sont les enfants de l'ignorance, et ne survivent pas longtemps à leur mère. »
Parerga et paralipomena, Sur la religion

 

« La religion est la métaphysique du peuple ; il faut absolument la lui laisser, et par conséquent l'honorer extérieurement ; la discréditer, c'est la lui enlever. De même qu'il y a une poésie populaire, et, dans les proverbes, une sagesse populaire, il doit y avoir aussi une métaphysique populaire. »
Parerga et paralipomena, Sur la religion

 

« La religion est la vérité exprimée sous une forme allégorique et mythique, et rendue ainsi accessible et assimilable à l'humanité en gros. Pure et non mélangée, celle-ci ne pourrait jamais la supporter, pas plus que l'homme ne peut vivre dans l'oxygène pur »
Parerga et paralipomena, Sur la religion

 

Rêve

« La vie et les rêves sont les pages d’un seul et même livre »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

« Le rêve a une ressemblance incontestable avec la folie. Ce qui distingue en effet la conscience rêvante de la conscience éveillée, c’est le manque de mémoire, ou plutôt de ressouvenir cohérent et raisonné. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Richesse

« La richesse est comme l’eau de la mer, plus on en boit, plus on a soif »
Arthur Schopenhauer, Aphorismes sur la sagesse dans la vie, Parerga et paralipomena.

 

Romancier

« La tâche du romancier consiste non à raconter de grands événements, mais à rendre intéressants les petits. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Sagesse

« La sagesse qui, chez un homme, est seulement théorique et ne devient pas pratique, ressemble à la rose pleine dont la couleur et le parfum délectent les autres, mais qui s’effeuille sans avoir porté de fruits. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Science

« La science, en effet, ne saurait pénétrer jusqu'à l'essence intime de ce monde; jamais elle ne dépasse la simple représentation, et, au fond, elle ne donne que le rapport entre deux représentations. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Soi-même

« On ne comprend complètement que soi-même ; les autres seulement à moitié »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Solitude

« Dans un monde qui se compose, pour les cinq sixièmes au moins, de coquins, de fous et d’imbéciles, la règle de conduite de chaque membre du sixième restant doit être de se retirer d’autant plus loin qu’il diffère davantage des autres, et plus loin il se retire, mieux cela vaut pour lui. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

« Un homme d'esprit, dans la solitude la plus absolue, trouve dans ses propres pensées et dans sa propre fantaisie de quoi se divertir agréablement, tandis que l'être borné aura beau varier sans cesse les fêtes, les spectacles, les promenades et les amusements, il ne parviendra pas à écarter l'ennui qui le torture. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Style

« Le style est la physionomie de l’esprit. Celle-ci est plus infaillible que celle du corps. Imiter le style d’autrui, c’est porter un masque. Si beau que soit celui-ci, le manque de vie le rend bientôt insipide et intolérable ; de sorte que même le visage vivant le plus laid vaut mieux. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Tat twan asi

« Ceux qui ont lu mon éthique savent que chez moi le fondement de la morale repose en définitive sur cette vérité exprimée dans le Veda et le Vedânta par cette forme mystique Tat twan asi (tout cela, c’est toi) qui s’applique à tout être vivant, homme ou animal, et est dite alors Mahavakya (la grande parole) »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Temps

« Le temps est un dispositif de notre cerveau qui sert à donner à l’existence foncièrement illusoire des choses et de nous-mêmes une apparence de réalité par l’intermédiaire de la durée »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

«Le temps ne peut avoir aucun commencement, et aucune cause ne peut être la première. Tous deux sont certains a priori, par conséquent incontestables ; tout commencement est dans le temps et le présuppose, et chaque cause doit avoir derrière elle une cause antérieure dont elle est l’effet. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Toi-même

« Tu dois comprendre la nature à partir de toi-même et non pas toi-même à partir de la nature. Voilà mon principe révolutionnaire ».
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Tourment

« Quand je n’ai rien qui me tourmente, je suis tourmenté par l'idée qu’il devrait pourtant y avoir quelque chose qui me demeurerait caché. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Tout en un

« Car rien n’est absolument accidentel, mais tout se produit plutôt nécessairement, et la simultanéité même de ce qui n’est pas lié causalement — le hasard — est nécessaire, puisque ce qui est maintenant simultané a déjà été déterminé comme tel par des causes dans le passé le plus reculé. Tout se reflète en tout, chaque chose a son écho en chaque chose »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Tragédie

« Le vrai sens de la tragédie est cette vue profonde, que les fautes expiées par le héros ne sont pas ses fautes à lui, mais les fautes héréditaires, c’est-à-dire le crime même d’exister »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

Trappistes

« Le nombre des trappistes réguliers est petit; ce qui n’empêche pas que la moitié à peu près de l’humanité se compose de trappistes involontaires. Pauvreté, obéissance, manque de tous les plaisirs et même du confort le plus indispensable, souvent aussi chasteté forcée ou amenée par les privations, tel est leur lot.  »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena

 

Travail physique

« Le travail corporel excessif émousse l’esprit, le rend lourd, maladroit, et incapable de comprendre autre chose que ce qui est tout à fait simple et palpable. »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena

 

Upanishad

« L'Upanishad est, comme je l’ai dit, le produit de la sagesse suprême humaine. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Unité

L’ensemble, il faut dire l’unité, que fait l’homme avec les animaux et tout le reste de la nature, du microcosme avec le macrocosme, trouve son expression dans la figure mystérieuse, énigmatique du sphinx, comme de celles des centaures ou de l’Artémis d’Éphèse avec toutes ces formes animales suspendues à ses innombrables seins, ou de celles des corps humains à têtes d’animaux de l’Égypte ou encore de la divinité hindoue Ganesa »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Vanité

« Obtenir une chose désirée, c’est découvrir qu’elle est vaine ; nous vivons constamment dans l’attente du mieux, et souvent en même temps dans une aspiration pleine de repentir qui s’élance avec regret vers le passé.  »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena.

 

Véracité

« Ce qui me garantit la véracité, et, pour cette raison, l’éternité de mes philosophâmes, c’est que je ne les ai pas faits moi-même ; c’est eux qui se sont faits. Ils sont nés en moi sans ma participation, dans des moments où toute volonté était chez moi en quelque sorte profondément endormie, et où mon intellect, complètement abandonné à lui-même et oisivement actif, saisissait l’intuition du monde réel et la mettait en parallèle avec le penser, tous deux jouant en quelque sorte ensemble, sans que ma volonté présidât d’une façon quelconque à l'affaire ; le tout, au contraire, s’effectuait sans ma participation, absolument de soi. »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits.

 

Vérité

« La vérité nue doit être si simple et si saisissable, qu’on doit pouvoir la présenter à tous sous sa vraie forme, sans la mélanger de mythes et de fables, — un entassement de mensonges, — c’est-à-dire sans lui donner le masque de la religion. »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena.

 

« Chaque grande vérité, avant d’être trouvée, s’annonce par un pressentiment, un instinct, une image indécise comme dans un brouillard, un effort vain pour la saisir. »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena.

 

« Pour dompter les âmes barbares et les détourner de l’injustice et de la cruauté, ce n’est pas la vérité qui est utile, car ils ne peuvent la concevoir ; c’est donc l’erreur, un conte, une parabole. De là vient la nécessité d’enseigner une foi positive. »
A. Schopenhauer. Von ihm. Ueber ihn, von Linder ; Memorabilien, von Frauenstädt.

 

Vertu

« La vertu ne s’enseigne pas, non plus que le génie ; l’idée que l’on se fait de la vertu est stérile, et ne peut servir que d’instrument, comme les choses techniques en matière d’art. Espérer que nos systèmes de morale et nos éthiques puissent produire des gens vertueux, nobles et saints, est aussi insensé que d’imaginer que nos traités d’esthétique puissent produire des poètes, des sculpteurs, des peintres et des musiciens. »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken (Pensées), J. Frauenstädt.

 

Vie

« La vie est un trépas constamment entravé, une lutte éternelle contre la mort, qui doit finir par vaincre »
Arthur Schopenhauer, Philosophie et philosophes Parerga et paralipomena.

 

« Combien longue est la nuit du temps sans limites comparée au cours rêve de la vie ! »
A. Schopenhauer, Fragments posthumes, Leipzig, 1864

 

«La vie n’est jamais belle, il n’y a que les tableaux de la vie qui soient beaux. »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken (Pensées), J. Frauenstädt.

 

« Chacun de nous doit tenir sa partie dans le grand spectacle de marionnettes de la vie, et sent presque toujours le fil qui l’y rattache et le met en mouvement. »
Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

« La vie de l'homme oscille, comme un pendule, entre la douleur et l'ennui »
Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

« Notre vie pratique, réelle, dès que les passions ne l'agitent pas, est ennuyeuse et fade; quand elles l'agitent, elle devient bientôt douloureuse »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

« Chaque vie humaine, envisagée dans son ensemble, nous montre, comme je l’ai dit, les caractères d’une tragédie, et nous voyons que la vie n’est autre chose, en règle générale, qu’une série d’espérances avortées, de projets déçus et d’erreurs reconnues trop tard »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena.

 

Vie et mort

« La vie peut être regardée comme un rêve, et la mort comme un réveil. »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena.

 

Vie héroïque

« Une vie heureuse est impossible ; le plus haut à quoi l’homme puisse atteindre, c’est à une vie héroïque. Elle est le partage de celui qui, en n’importe quel ordre de choses, lutte avec les plus grandes difficultés pour le bien de tous et finit par triompher, mal ou point du tout récompensé de ses efforts. Ensuite, quand tout est terminé, il reste là debout, pétrifié, comme le prince dans le Roi Corbeau de Gozzi, mais dans une noble attitude et avec un air magnanime. Sa mémoire demeure, et elle est célébrée comme celle d’un héros ; sa volonté, mortifiée durant toute une vie par la peine et le travail, par l’insuccès et l’ingratitude du monde, s’éteint dans le nirvana ».
Schopenhauer, Parerga et paralipomena.

 

Vivre

« Tous les hommes veulent vivre, mais personne ne sait pourquoi il vit »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits

 

Voile

« J’ai soulevé le voile de la vérité beaucoup plus qu’aucun mortel avant moi. Mais je voudrais les voir, ceux qui peuvent se vanter d’avoir eu de plus misérables contemporains que moi. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena

Volonté de vivre

 

« Ce qui réclame si impétueusement l’existence, c’est, indirectement, l’individu seul ; directement et réellement, c’est la volonté de vivre, qui est une et la même chez tous. »
Arthur Schopenhauer, Sur la religion, Parerga et paralipomena

 

Vouloir

« Vouloir sans motif, toujours souffrir, toujours lutter, puis mourir, et ainsi de suite dans les siècles des siècles, jusqu’à ce que la croûte de notre planète s’écaille en tout petits morceaux . »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

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« Ce qui est bon, est deux fois bon s'il est court; les quintessences opèrent mieux que les breuvages composés. [...] Ce qui est bien dit, se dit en peu »
Balthasar Gracian, L'homme de cour

Une philosophie unique